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DiptYque

octobre 31, 2010

DiptYque, Versant 1 ; Florence Noël 11 rue Bois des Fosses 1350 Enines Belgique. Ceux qui, comme moi, côtoient assez régulièrement le net connaissent certainement la vivacité, la bonne humeur et la gentillesse de Florence Noël que ce soit en se promenant sur ses blogs, son forum ou sur le site littéraire et poétique Francopolis qu’elle a fondé il y a bientôt une dizaine d’années. Son écriture mériterait assurément l’intérêt d’un bon éditeur mais cette jeune mère de trois enfants avec ses multiples activités n’a guère eu le temps jusqu’à maintenant de se préoccuper d’une telle aventure. Du reste la responsable de l’émission ça rime à quoi sur France culture, elle, ne s’y est pas trompée en l’invitant au mois d’août 2008 pour présenter et lire ses textes en compagnie de Valérie Rouzeau. Ceci dit elle vient, elle-même, de passer de l’autre coté de la barrière en créant DiptYque, une toute nouvelle revue littéraire et artistique qui, pour son premier numéro, montre qu’elle est une très belle réussite esthétique. DiptYque est une revue semestrielle d’environ 130 – 140 pages qui, comme son nom l’indique, décline un thème annuel sur deux versants. Celui de 2010 explore « La part de l’ombre » (thème présenté ici) et « Lumières intérieures » qui paraîtra fin novembre. Les photographies de Guidu Antonietti, de Khun San, celles de Jean-Pierre Leclercq ou de Nicolas Vasse comme les œuvres plastiques de Solange Knopf et Marie Hercberg sans oublier celles d’Annik Remond (dont l’une d’entre elles illustre la couverture), tout cet ensemble graphique s’intercale harmonieusement au sein des différents articles et poèmes de l’ouvrage. Jos Roy inaugure les premières pages de la revue avec ses poèmes. Cette invitée phare de ce premier numéro nous dit qu’elle collectionne les cailloux du chemin, les range dans de petits trous qu’on peut, avec beaucoup d’exagération et de grandiloquence, appeler poèmes. Dans les petits trous, se passent parfois certaines choses qui ne sont évidemment plus de sa compétence. La modestie attachante de cette auteure ne dissimule en rien la rigueur et la recherche de sa belle écriture. Il n’est pas possible, ici, de citer tous ceux qui ont collaboré à cet ouvrage, que ce soit au moyen de chroniques, de récits ou ayant participé à l’anthologie poétique. Mais Florence Noël épaulée de Stéphane Méliade au comité de lecture a su s’entourer de voix originales, pas forcément connues, pas forcément reconnues, pas forcément faciles, ni in, ni classiques mais voix uniques comme il est précisé en exergue. Pour reprendre les termes des rédacteurs la revue DiptYque a pour vocation d’être lieu de rencontre entre les viviers du foisonnant monde numérique, les auteurs d’éditions traditionnelles et les auteurs performeurs. Gageons que la naissance de cette nouvelle revue, et malgré sa thématique inaugurale, n’est pas faite pour rester dans l’ombre et qu’elle saura tracer son chemin et trouver sa place sur les versants escarpés mais lumineux de la poésie.

Chronique parue dans le n°60 de Traversées automne 2010