Archive for avril 2011

Haïga

avril 28, 2011

Peinture Marie Hercberg

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Conceptuellement votre

avril 24, 2011

La philosophie crée des concepts et la poésie nous en libère.

Laurent Contamin

avril 8, 2011

Carnets extimesLaurent  Contamin, Ed. Eclats d’Encre 2010 – Sandrine Fay l’éditrice qui, rappelons-le, début 2010 a repris le fond de la collection des anciennes éditions de l’Idée bleue nous présente, dans ce recueil ici chroniqué, les Carnets extimes de Laurent Contamin, le 62ème (et le 2ème pour cet auteur) ouvrage de sa maison d’édition Eclats d’encre.

Mais qu’est-ce qui fait courir cet homme ? C’est ce que l’on se demande quand on explore un peu ses multiples activités. Auteur, metteur en scène, comédien, il écrit pour le théâtre, la radio (France Culture) et même pour la marionnette. C’est dire si la poésie n’est jamais bien loin de ce touche à tout prolifique qui anime de nombreux ateliers d’écriture tout autant en milieu scolaire que pénitentiaire et part de temps à autres en résidence d’écrivains un peu partout dans le monde.

Dans la postface de son recueil Laurent Contamin a la bonne idée de nous mâcher le travail, à nous petits chroniqueurs. Ainsi de révéler que ses carnets, s’ils sont conçus dans l’esprit d’un journal, sont plus tournés vers l’extérieur (d’où le titre) de la rencontre que de l’intérieur de la maison de l’être dit-il à l’aide de cette expression toute heideggérienne. Ses Escales, de première partie, à Tamanrasset où le vent n’efface pas les traces / ni l’abandon, à Anchorage trouée de lumière morte ou dans la frange d’or des sampans de Haïphong sont, comme l’auteur lui-même le dit si bien, toujours dans sa postface, des lieux où on se construit par ce qu’on perçoit du monde.

Trêves, la deuxième partie du recueil (qui en comprend quatre), inspirée par l’œuvre plastique de Sophie Barki, nous livre des vers plus lyriques comme les très beaux Et l’espace est silence / Au souffle obscur du jour ou Lovée à tes côtés / Ne tenant qu’à un fil ou encore cette Joie du regard / Avant que le vent ne l’efface.

Douze moi(s) comme ce titre original de la troisième partie le laisse augurer décline les moi(s) intimistes qui défilent tout le long de l’année. Une manière de déboutonner l’enfance même si être aux anges n’est pas assez dire ce que nous sommes.

Si le début de l’ouvrage parcoure le monde, la quatrième et dernière partie, plus modeste,  dans son intitulé En chemin est l’occasion pour Laurent Contamin de nous livrer quelques confidences aux accents rousseauistes sur ses origines géographiques et parentèles, sur ses rêves d’une île impénétrée loin des miroirs civilisés.

Ce périple poétique s’achève sur quelques notes pessimistes où l’auteur avoue qu’à force de courir, mon âme s’est dissoute. Mais ce boulimique qu’est Laurent Contamin conscient qu’il n’existe  que dans la rencontre, avec les nombreuses cordes qu’il a à son arc, pourra toujours assouvir son besoin d’altérité. Du moment que ses nombreux chemins le ramènent toujours à la poésie, c’est tout ce que nous pouvons lui souhaiter…et à nous.

Paru dans la revue Traversées

Muriel Bompart au Chelsea Hotel

avril 4, 2011

Entrée dans l’histoire de l’art avec Matisse et Picasso la technique du collage n’a cessé d’essaimer de décennies en décennies son chaos constructif selon la belle expression de Muriel Bompart. Cette jeune femme à la personnalité protéiforme n’aime pas se cantonner à un style car le cheminement et la quête incessante valent à mes yeux tous les aboutissements proclame-t-elle haut et fort. Notre adepte de la métamorphose ne pouvait que se sentir comme un poisson dans l’eau avec le collage ce jeu à mi-chemin entre le puzzle et le cadavre exquis cher aux surréalistes dit-elle encore.

Les séries présentées ici, Chelsea Hôtel, Berlin, et Ex fans de 60s sont autant de poèmes pulvérisés comme maintenus en suspens au travers d’une réalité nostalgique. A la fois brouillés, instables et en équilibre les fragments graphiques nés de l’imagination qui a guidé la main du peintre égrènent des souvenirs empreints d’une grande poésie. Même quand Muriel veut son œuvre plus inscrite dans la contemporanéité, c’est encore un lieu chargé d’histoire culturelle de ce dernier siècle, le Chelsea Hôtel de Manhattan, qui est disséqué, décortiqué dans un apparent cataclysme de papiers et photographies que la couleur transcende.

Cette technique particulière du collage que Max Ernst qualifiait d’irruption magistrale dans l’irrationnel crée une densité ouverte à tous les possibles comme si l’image, celle des événements ou des personnages, voulait jaillir à tout instant au cœur de ce fatras coloré. On se raccroche à ces miettes de réel perdues dans l’explosion dionysiaque du peintre, ces petits bouts posés sur la surface de la toile inscrivent une continuité brisée qui révèle notre inconscient.

Si la composition est le plus souvent fortuite comme n’hésite pas à l’avouer Muriel elle n’arrive pourtant à maturation qu’après de longues heures de recherches et de rêveries. On essaie de comprendre l’acte créatif en imaginant ce tohu-bohu assemblé petit à petit, d’abord de façon intuitive, puis survient le collage qui, à la fois, capture et libère l’esprit pour donner libre cours aux émotions matérialisées en images. Ainsi les visages et les événements, s’ils restent figés dans un immobilisme inhérent à cet art graphique, voyagent partout dans notre esprit au gré de la mémoire de ceux qui les ont vécus ou s’en souviennent.

Quand on songe à la chaise ou aux souliers peints de Van Gogh on pourrait dire que l’art augmente le réel. Les collages de Muriel, quant à eux, cristallisent des fragments de cette réalité pour, au moins, transformer et aiguiser notre regard sur elle. Ce sont les chemins oniriques de Muriel Bompart qui nous sont offerts là et qui dévoilent sa vie intérieure nourrie d’une grande générosité poétique.

Texte réalisé pour la présentation de l’exposition de
Muriel Bompart à L’hôpital Marchant
de Toulouse, du 29 septembre au 27 octobre 2010.
Paru dans le n° 61 de la revue Traversées

Un mot

avril 3, 2011
par temps d’angoisse
qui noue le cœur
l’écriture se fait trébuchante

un mot, pourtant, au charme effervescent
suffit à désaltérer
ce feu qui inonde

et le poème nous tient la main
sur une route d’acacias et de raisins

Paru dans le n° 80 de la revue Coup de soleil

Hamlet

avril 1, 2011

Le problème d’Hamlet est de n’avoir pas bien résolu son Œdipe.