Inconfort

Le poète en instaurant de l’inconfort dans la pensée lui évite peut-être ainsi de s’ankyloser.

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10 Réponses to “Inconfort”

  1. Fabrice Farre Says:

    Tout à fait d’accord. L’inconfort laisse place à une poésie de l’inhabituel, hors routine, hors mode. C’est par ce mode de vie, ce vivre incertain, que le réel est plus tangible. Je pourrais être plus dissert…

    • Serge Says:

      Je comprends et approuve vos mots même si là je parlais plutôt de l’inconfort que la poésie peut induire dans la pensée (philosophique par exemple). Mais c’est une de mes vieilles rengaines…
      Merci de vous être attardé par ici !

  2. Catrine Says:

    Ha! Mais tous les inconforts se valent!! Mode de vie, poétique, incertain et induit dans la pensée philosophique: que son mouvement soit de l’extérieur vers l’intérieur ou l’inverse, ce qui se produit alors est crucial.
    Je vais faire attention à ne pas être plus disserte :¬)
    Ma pensée sur le sujet embrasse les vôtres!

  3. Ile E. Says:

    Ah oui ! J’aime ta phrase Serge, elle est primesautière, insolente, vivante et… souple ! Un plaisir !

  4. Aréthuse Says:

    Joli…

  5. Lepanseur Says:

    d’une part, l’idée d’un dialogue autour de la poésie me séduit. D’autre part, j’ai quelques doutes dans l’affaire de savoir si le poète est poète d’un « terroir » (p.ex. « méditerranéen »… ou autre!), ou bien s’il est simplement poète-citoyen d’un pays immatériel en même temps que matériel, sans limites géographiques : un pays qui serait celui de la Poésie.
    En « poétisant », c’est-à-dire en oeuvrant à l’apparition du visible de l’invisible (par référence au Banquet de Platon), il est « en-théos » et « ekphron » au moment de la création (toujours d’après le dialogue du Ion de Platon). Autrement dit, il est habité par une inspiration « divine », dépourvue de tout frein. Étant exempt de la censure de la culpabilité et des complexes théologiques, il s’abandonne entre les mains de la sensibilité, entre les bras accueillants du verbe « sentir » : de cette expérience-là s’amorce le voyage à travers le vide, le saut dans l’invisible. Affrontant l’in-forme (« a-morphos ») de l’invisible, il découvre, et il se découvre. Il révèle les formes de la création et les fait émerger en pleine lumière : les révèle.
    Pourtant, ainsi que l’homme de la caverne – pour mettre à nouveau Platon à contribution – le poète cherche les ombres de sa langue, explore les côtés inconnus de soi-même et du monde. Ensuite, il les introduit dans les mots, dans les phrases, dans la grammaire et la syntaxe. Grâce à cette « dia-noïa », il extrait les expériences du « aïsthanomai » – du sentir – et leur confère une forme.
    Ce n’est donc pas un jeu cérébral que la poésie, ce que tu as fort bien souligné, non plus qu’une gestion du matériau langagier. C’est un perpétuel autodévoilement, en même temps qu’un dévoilement, à travers l’utilisation de la langue. Cette démarche est un processus qui vise à l’expression de la vérité et de la sincérité.

    • Serge Says:

      Même si j’ai un amour éperdu pour l’antiquité (philosophique et poétique) grecque je ne vais pas m’amuser (j’en suis incapable) à rivaliser avec votre érudition.
      l’inspiration divine (l’en-thou-siasme platonicien) je n’y crois guère, en tout cas pas pour moi (5% de talent et 95 de sueur comme disait Balzac). Mais il est vrai que vous vous écrivez comme vous respirez !
      Quant au « processus de dévoilement à travers la langue qui viserait à exprimer la vérité » je reconnais bien-là votre penchant essentialiste heidegerrien. C’est ainsi, je suis un incorrigible mécréant qui ne croit même pas à la littérature !
      Ce qu’il y a de marrant c’est que, il me semble bien, c’est à la lecture (il y a longtemps) de votre livre (chez Corlevour) que m’est venu cet aphorisme !

  6. Xavier Bordes Says:

    Je trouve cet aphorisme excellent, et j’ignorais que cet affreux fumiste de chez Corlevour vous eût pu inspirer une formulation aussi sage et judicieuse… Comme quoi, d’un mal il peut sortir un bien !

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