Archive for mars 2012

La bohème

mars 21, 2012

Peut-être sont-ils les fils perdus des Atalantes ? Ils ont dans les yeux d’innombrables pays traversés et des chansons d’Espagne au bout des doigts. Leurs femmes ont des cheveux noirs presque aussi longs que leurs robes qui virevoltent au son des guitares. Ils racontent souvent des fariboles et nous vendent du bonheur pour pas cher mais c’est parce qu’ils sont amis du vent. Plus épris de liberté que de confort ils nous disent un temps antique où tous les hommes leur ressemblaient. Leurs enfants s’appellent Djéna, Ylenzo ou Tidji, Dayana et dans l’âme de ces gamins la tristesse est parfois encore plus lumineuse que leurs rires. Il faut dire qu’à force de lire l’incompréhension dans le regard de leurs copains sans roulotte ils ont cultivé un mystérieux et beau recoin inaccessible à beaucoup, la différence.

 

Pandore

mars 5, 2012

 

L’espérance est le lot des plus jeunes comme des plus vieux. Au mitan des deux on regarde celle des premiers avec condescendance et la seconde sans conviction.

Regain

mars 4, 2012
 
désir de printemps
où chuchotent les jacinthes
incessant regain

Don Juan

mars 2, 2012

Par compassion, par humanité, le Don Juan de Molière accepte, malgré tout, de donner un louis d’or à un pauvre, très pieux, qui préfère se laisser mourir de faim plutôt que jurer. Par ces quelques courtes répliques de la pièce on peut, peut-être, comprendre une partie de la philosophie de Molière, sa propre pensée, qui par l’entremise de Don Juan dit au pauvre que ces incessantes prières à Dieu ne l’empêchent pourtant pas d’être un miséreux au fond d’une forêt qui réclame l’aumône aux passants, pour l’amour de Dieu. Don Juan demande au mendiant de jurer, de renier sa foi, puisque lui-même en tant qu’athée ne peut donner pour l’amour de Dieu. Mais lassé devant le refus du pauvre, par amour de l’humanité, il lui donne pourtant son louis d’or.

Il existe encore des familles chrétiennes dont la foi, par trop exigeante et envahissante, exerce une tyrannie morale sur des enfants, conduisant parfois à de véritables drames familiaux auxquels même la psychiatrie se révèle impuissante alors qu’il suffirait sans doute d’un léger infléchissement de cette rigueur pour remédier à de nombreux problèmes. Il arrive quelquefois, dans un tel contexte, qu’un enfant devenu adulte demande aux responsables d’un tel endoctrinement, une remise en cause radicale, par exemple que ceux-ci fassent un choix entre lui et la foi. Malheureusement bon nombre de pieux fanatiques préfèrent encore, dans ce genre d’alternative, l’amour de Dieu à l’amour de leur enfant.

Renoncer à Dieu par humanité, c’est ce qu’on devrait conseiller aux juifs et musulmans du Moyen-Orient. Les terres d’Islam et d’Israël ne deviendraient pas plus sacrées que n’importe quelles autres et ne seraient plus l’enjeu de guerres incessantes, tout du moins au nom de la religion. Des millions d’individus y perdraient sans doute la foi… et alors ! Vaut-il mieux ne plus croire en Dieu et respecter son frère et voisin plutôt qu’avoir une foi indéracinable et vouer une haine sans fin envers celui qui pense différemment ?