Don Juan

Par compassion, par humanité, le Don Juan de Molière accepte, malgré tout, de donner un louis d’or à un pauvre, très pieux, qui préfère se laisser mourir de faim plutôt que jurer. Par ces quelques courtes répliques de la pièce on peut, peut-être, comprendre une partie de la philosophie de Molière, sa propre pensée, qui par l’entremise de Don Juan dit au pauvre que ces incessantes prières à Dieu ne l’empêchent pourtant pas d’être un miséreux au fond d’une forêt qui réclame l’aumône aux passants, pour l’amour de Dieu. Don Juan demande au mendiant de jurer, de renier sa foi, puisque lui-même en tant qu’athée ne peut donner pour l’amour de Dieu. Mais lassé devant le refus du pauvre, par amour de l’humanité, il lui donne pourtant son louis d’or.

Il existe encore des familles chrétiennes dont la foi, par trop exigeante et envahissante, exerce une tyrannie morale sur des enfants, conduisant parfois à de véritables drames familiaux auxquels même la psychiatrie se révèle impuissante alors qu’il suffirait sans doute d’un léger infléchissement de cette rigueur pour remédier à de nombreux problèmes. Il arrive quelquefois, dans un tel contexte, qu’un enfant devenu adulte demande aux responsables d’un tel endoctrinement, une remise en cause radicale, par exemple que ceux-ci fassent un choix entre lui et la foi. Malheureusement bon nombre de pieux fanatiques préfèrent encore, dans ce genre d’alternative, l’amour de Dieu à l’amour de leur enfant.

Renoncer à Dieu par humanité, c’est ce qu’on devrait conseiller aux juifs et musulmans du Moyen-Orient. Les terres d’Islam et d’Israël ne deviendraient pas plus sacrées que n’importe quelles autres et ne seraient plus l’enjeu de guerres incessantes, tout du moins au nom de la religion. Des millions d’individus y perdraient sans doute la foi… et alors ! Vaut-il mieux ne plus croire en Dieu et respecter son frère et voisin plutôt qu’avoir une foi indéracinable et vouer une haine sans fin envers celui qui pense différemment ?

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4 Réponses to “Don Juan”

  1. Xavier Says:

    En effet… Jadis les dieux imparfaits servaient à aimer les hommes, par indulgence et tolérance. Aujourd’hui les dieux, que les fanatiques pensent parfaits, servent à haïr, par critique féroce et intolérance. L’abrutissement progresse. Je préférais les païens pour ma part.

  2. machinn Says:

    Dieu n’est qu’un prétexte de plus pour détester l’autre d’avantage.
    Si les conditions de vie deviennent plus confortables, l’abrutissement régresse. Peut-être devrions-nous changer nos propres comportements avant de vouloir changer ceux des autres à tout prix.
    Merci, Serge pour votre passage sur mon blog. Vos commentaires sont toujours encourageants.

  3. corinne Says:

    Ce ne sont pas les dieux qui servent mais les hommes qui s’en servent, ce qui replace l’homme dans sa responsabilité d’être agissant et acteur de ses agissements.
    Païens, croyants et autres fanatiques de tout bord, pas besoin de dieu pour hair l’autre…il suffit de regarder autour du quotidien.

  4. Antoine Says:

    Il serait intéressant de connaître la définition du mot ´Dieu’ de chacun, car ici plus qu’ailleurs règne la plus grande subjectivité. L’amour est peut être le seul mot aussi malheureux. Que ne lui fait-on pas subir ! J’ai eu la chance de n’avoir découvert l’un et l’autre qu’ensemble et hors de toute éducation. Rien à voir avec les banalités et horreurs qu’on leur associe. Bien à tous AD

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