Archive for the ‘Poésies’ Category

La fenêtre

mai 6, 2012
 
assis devant
la fenêtre à la crémone
 
nos épaules
lourdes de nuages
 
nous regardons
passer nos rêves morts
imbibés de visages absents
 

Fragilité

janvier 8, 2012

éphémère inflorescence

bleutée nuit

 

bouquet d’ombelles

corymbe d’ombre parfumée

qui feint l’immuable

 

sa frêle vénusté passagère

s’effraie de l’impie

flétrissure inéluctable

Les mots

novembre 6, 2011

les mots entrelacés de vide
ont la saveur du givre

ils chantent pourtant la danse
étoilée de l’oiseau et la tristesse
de la mer qui vomit ses naufrages

tour à tour ils engendrent et tuent
les dieux sous l’horizon sans âge

parfois ils se penchent avec la mort
(l’immonde brute) au-dessus
d’un berceau qui s’étiole

mais chacun d’eux n’a qu’une seule harangue
qui dit la passion de vivre et d’aimer…
jusqu’au désespoir

Le voile d’Isis

juin 16, 2011
                                      parfois
                                      le poème se fait lacis
                                      écheveau qui jamais ne lève
                                      le voile d’Isis
 
                                      ne plus avoir peur
                                      de l’obscur
                                      le caresser
                                      au murmure des arbres ennuités
 
                                      poésie des brumes
                                      amante aux bras ballants
                                      c’est avec toi que tout finira

Un mot

avril 3, 2011
par temps d’angoisse
qui noue le cœur
l’écriture se fait trébuchante

un mot, pourtant, au charme effervescent
suffit à désaltérer
ce feu qui inonde

et le poème nous tient la main
sur une route d’acacias et de raisins

Paru dans le n° 80 de la revue Coup de soleil

à petites gorgées

novembre 5, 2010
.
as-tu encore
goût de l’ennui –

quand tu vendanges ta solitude
dans l’encre de vieux livres

as-tu encore
goût de la nuit –

quand ta chair ocre
exsude ses frissons de néant

dis-moi – dis-moi encore
le chuchotis de tes angoisses
le chavirement de tes yeux ombrés

et si dans l’intervalle du rêve
le vide ne se promenait plus sur ton front

toi moi qui nous buvons à petites gorgées

Inondée

juin 25, 2010
la pluie tombait –
un soir d’août peut-être

nous parlions – de quoi déjà ?
sans doute de toi
et de l’absence qui creuse en dedans

tes lèvres salées sur ce chemin d’épines
je les ai trop goûtées

comme des fleurs sanguines
d’une histoire mal écrite

je me souviens –
du bruissement de ta robe claire

tu dansais – inondée –

tu avais tellement soif
mais c’est moi qui te buvais

Rouge ocre

mai 5, 2010

elles dansent leur peau brulée
sur une terre rouge ocre

fantômes de sable à la beauté noire
malgré un soleil exsudant ses menstrues
accablantes

deux ombres
avalées de poussière que segmente
une zébrure aérienne