Venelles

février 19, 2012

 
A l’aube du lointain
s’estompent les tristes
venelles du souvenir

 

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Moulins à vent

février 16, 2012

La mort hivernale de la nature n’est plus qu’un récent souvenir, quelques précoces jonquilles nous racontent le printemps qui vient. Mais de nouveau les hommes n’écouteront pas le poète et préféreront s’enivrer de guerres ou d’argent. La haine et la jalousie couvrira le chuchotis des vers et le chant de l’alouette. Tant pis, comme Don Quichotte avec ses moulins à vent, il y aura encore de ces illuminés qui s’extasieront plus du vol de la buse dans le ciel que de celui des anges ! Les mêmes auront la mer pour maitresse et surferont sur les vagues ou les nuages pour atteindre les comètes. Eux savent bien qu’au fond de la grande souffrance réside aussi un sourire, celui de la beauté et de l’oubli.

Attraper la lune

février 12, 2012

Le soleil brunit les arbres de ses derniers rayons tandis qu’une légère brume commence à recouvrir l’étang. Le crépuscule va bientôt inonder la plaine et nos yeux mais ce soir le cœur des gamins est bondissant, les forains se sont installés sur le vieux champ de foire du village. Les mômes s’enivrent de carrousels, se gavent de gaufres ou de barbe à papa et les vieux fous hallucinés comme moi dévorent leurs sourires. Mais le clown, comme le poète, est un peu triste qui ne sait plus comment faire attraper la lune à des enfants repus d’extraordinaire sur leurs écrans de jeux. Tant pis ! Les yeux des tout-petits brillent encore quand ils le voient parler aux étoiles et hésitent à rire ou à pleurer quand il s’empêtre dans ses trop grandes godasses.

Bruine

février 8, 2012

Je suis né au pays des brouillards dans une atmosphère gorgée de pluie. Qui dira la fragile transparence de la brume ? L’ombre humide et inquiète qui se déploie sur la frondaison placide du printemps ? Je suis né au cœur de la bruine à l’orée de grands chênes et j’ai laissé mon âme au fond de tes yeux. Il faut bien goûter l’eau du ciel et s’effleurer comme si le désir était trop friable. Respirer le vent sur ta peau et rêver à l’océan au creux de tes mains…  

Dissolvant

février 5, 2012

La poésie élève l’art dans la sphère de la pensée et, ce faisant, prend toujours le risque de s’y dissoudre.

Chuchotis

janvier 28, 2012

 
Un bruissement de poésie nous martèle d’enluminer l’indicible.

La nef des fous

janvier 24, 2012

Jérôme Bosch, le Fellini, bien avant l’heure, de la peinture. Un Salvador Dali né un demi millénaire auparavant. Une énigme, une pierre d’achoppement à psychiatre. Un rescapé hérétique que la religion n’a pas eu le temps de brûler. Le peintre d’une époque où l’on ne catégorisait pas encore la maladie mentale qui avait sa place dans les mœurs et la société. Ce fut seulement (ou déjà) au siècle suivant qu’on construisit des asiles. Zeus vs Dieu, GrosTextes, 2010.

Anges de brume

janvier 22, 2012

Ce soir la vallée ennuagée de brume est propice à toutes les divagations fantomatiques. Le halo farineux diffusé par quelques lampadaires ne suffit pas à percer le nappage qui enveloppe les maisons aux contours improbables dignes d’une esquisse à la Van Gogh. Le miaulement d’un chat noir qui propage son ombre dans ce brouillas laiteux rajoute une dose de mélancolie à l’atmosphère déjà inquiète. Quelques silhouettes nimbées de givre, plus anges qu’humaines, se pressent de rentrer dans la coquille de leur habitation. Il y a longtemps que les oiseaux de la rivière ont replié la tête sous leurs ailes et le sommeil, en cette soirée d’hiver, n’aura, de même, aucune peine à hypnotiser les foyers des villageois. A moins que deux jeunes amoureux ne profitent de l’ambiance ouatée pour nouer lascivement leur corps en s’abandonnant à la nuit limoneuse.